Il y a des recherches qui sentent le défi lancé en fin de repas. « Cite-moi dix footballeurs en A, et sans ton téléphone. » Si vous êtes ici, il y a de bonnes chances que votre cerveau ait calé juste après Agüero. Pas de panique, ça arrive aux meilleurs, et même aux commentateurs.
J'ai donc rassemblé les joueurs de football dont le nom de famille commence par la lettre A, rangés par poste et par époque, avec pour chacun ce qui le rend inoubliable. Champions du monde, Ballons d'Or, idoles de vestiaire et joueurs culte : de quoi gagner votre prochain quiz et, au passage, redécouvrir quelques histoires qui valent le détour.
Le A, la lettre qui ouvre le bal des quiz foot
Au petit bac, au blind test ou dans les grilles de mots fléchés, le A tombe presque toujours en premier. Logique, c'est la première lettre qu'on vous demande. Et contrairement au X ou au Z, elle ne manque pas de candidats. Les noms en A pullulent en Espagne (Alonso, Alba, Arteta, Asensio), en Argentine (Agüero, Álvarez, Aimar, Ayala) et en Afrique de l'Ouest (Ayew, Adebayor, Aubameyang).
Ma règle est la même que pour ma liste des footballeurs en Z : on classe par nom de famille, jamais par prénom. Andrés Iniesta part donc au I, même si son prénom démarre par un A. Les quelques joueurs connus sous un seul nom, comme Adriano, ont droit à leur petit chapitre plus bas, parce que c'est souvent là que les disputes commencent.
Ballon d'Or, Coupe du monde, Ligue des champions : les géants en A
Commençons par ceux qui ont tout gagné, ou presque. Florian Albert, attaquant hongrois de Ferencváros, a reçu le Ballon d'Or en 1967 après avoir fini co-meilleur buteur de la Coupe du monde 1962. José Altafini a été champion du monde avec le Brésil en 1958, avant de porter le maillot de l'Italie puis de soulever la Coupe des champions avec l'AC Milan en 1963, avec 14 buts inscrits dans la compétition cette saison-là. Un record qui a tenu des décennies.
Plus près de nous, Xabi Alonso a raflé la Coupe du monde 2010 et deux Euros avec l'Espagne, plus la Ligue des champions avec Liverpool en 2005 et avec le Real Madrid en 2014. Passé sur le banc, il a mené le Bayer Leverkusen à un doublé championnat et coupe en 2023-2024, sans perdre un seul match de Bundesliga, du jamais vu en Allemagne. Julián Álvarez, champion du monde 2022 avec l'Argentine, affiche déjà un palmarès qui ferait rougir bien des retraités : le triplé historique de Manchester City en 2023, la Copa América 2024, puis un transfert à l'Atlético de Madrid.
Avec un tel casting, franchement, le A n'a rien à envier aux lettres les plus prestigieuses du foot.
Les Français en A, de Manuel Amoros à Alphonse Areola
Côté Bleus, la lettre A raconte autant de belles carrières que de destins bouleversants. Voici les noms à connaître par cœur si votre quiz a une saveur tricolore :
- Manuel Amoros : latéral infatigable aux 82 sélections, champion d'Europe 1984 et pilier de l'OM au début des années 90.
- Jean-Pierre Adams : défenseur de Nîmes, Nice et du PSG, 22 sélections dans les années 70. Plongé dans le coma en 1982 après une erreur d'anesthésie, il s'est éteint en 2021 sans s'être réveillé. Une histoire qui serre encore le cœur des anciens.
- Nicolas Anelka : vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid et champion d'Europe avec la France la même année, en 2000, puis meilleur buteur de Premier League avec Chelsea en 2008-2009.
- Éric Abidal : double vainqueur de la Ligue des champions avec le Barça (2009 et 2011). Opéré d'une tumeur au foie quelques semaines avant la finale de 2011, il a soulevé le trophée à Wembley, brassard au bras, avant de subir une greffe l'année suivante.
- Alphonse Areola : troisième gardien des Bleus sacrés champions du monde en 2018, formé au PSG avant de s'installer à West Ham.
Si vous ne deviez en retenir qu'un pour briller, prenez Abidal. Son retour sur les terrains après la maladie reste l'une des plus belles leçons de courage que le foot moderne nous ait offertes.
Gardiens et défenseurs en A : ceux qui verrouillent la porte
À l'arrière, la lettre A a fourni des murs, des latéraux qui attaquent comme des ailiers et même un capitaine statufié. Ma sélection :
- Tony Adams (Angleterre) : capitaine d'Arsenal pendant quatorze saisons. Sa statue trône devant l'Emirates Stadium, rien que ça.
- Trent Alexander-Arnold (Angleterre) : formé à Liverpool, vainqueur de la Ligue des champions 2019 et de la Premier League 2020, parti au Real Madrid en 2025. Son pied droit vaut celui de bien des meneurs de jeu.
- David Alaba (Autriche) : quatre Ligues des champions, deux avec le Bayern (2013 et 2020) et deux avec le Real Madrid (2022 et 2024).
- Jordi Alba (Espagne) : buteur en finale de l'Euro 2012 contre l'Italie, et fidèle lieutenant de Messi à Barcelone puis à Miami.
- Kepa Arrizabalaga (Espagne) : le gardien le plus cher de l'histoire, recruté par Chelsea pour 80 millions d'euros en 2018.
- Toby Alderweireld (Belgique) et Nathan Aké (Pays-Bas) : le premier a fini troisième de la Coupe du monde 2018, le second a remporté le triplé avec Manchester City en 2023.
Alexander-Arnold et Adams ont un point commun : ils perpétuent une tradition qu'a portée la génération dorée anglaise, celle qui a fait de la Premier League le championnat le plus regardé de la planète, Steven Gerrard en tête. Quand on parle de défenseurs anglais en A, on parle donc de patrimoine, pas seulement de statistiques.
Au milieu, des chefs d'orchestre qui pensent plus vite que les autres
Le milieu de terrain est sans doute le rayon le mieux achalandé de la lettre A. Mikel Arteta, passé par le PSG, les Rangers, Everton et Arsenal, est aujourd'hui plus connu comme entraîneur des Gunners, poste qu'il occupe depuis fin 2019. Pablo Aimar, meneur argentin de Valence, était l'idole d'enfance de Lionel Messi, qui ne s'en est jamais caché. Thiago Alcántara, fils du Brésilien Mazinho, a régalé le Barça, le Bayern (Ligue des champions 2020) puis Liverpool, avec ce toucher de balle qui donnait l'impression que le ballon lui obéissait.
Ajoutez Sofyan Amrabat, roc du Maroc demi-finaliste de la Coupe du monde 2022, Marco Asensio, buteur en finale de Ligue des champions 2017 avec le Real Madrid, et Dele Alli, qui a fait vibrer Tottenham au milieu des années 2010. Vous tenez là un entrejeu qui a de la gueule, capable de tenir le ballon des heures comme de casser une ligne d'une seule passe.
Attaquants en A : les noms qu'on crie dans les tribunes
Devant, la lettre A a fait trembler pas mal de filets. Voici les buteurs que je placerais sans hésiter dans n'importe quelle liste :
- Sergio Agüero (Argentine) : meilleur buteur de l'histoire de Manchester City avec 260 buts, et ce but dans le temps additionnel contre QPR en 2012 qui offre le titre aux Citizens. Même les supporters de United s'en souviennent, pour d'autres raisons.
- Pierre-Emerick Aubameyang (Gabon) : révélé à Saint-Étienne, Ballon d'Or africain 2015, meilleur buteur de Bundesliga en 2017 avec Dortmund, co-meilleur buteur de Premier League en 2019 avec Arsenal, puis passé par l'OM.
- Emmanuel Adebayor (Togo) : Ballon d'Or africain 2008, finaliste de la Ligue des champions avec Monaco en 2004, puis Arsenal, Manchester City et le Real Madrid.
- Andreï Archavine (Russie) : quatre buts à Anfield en une seule soirée d'avril 2009 avec Arsenal, un exploit que les fans des Gunners racontent encore.
- Karim Adeyemi (Allemagne) : la fusée du Borussia Dortmund, l'un des joueurs les plus rapides de Bundesliga.
Si ces noms vous ont ouvert l'appétit, faites un tour par mon hit-parade des goleadors de tous les temps. Vous verrez que le sommet est tellement haut que même un Agüero doit lever la tête pour apercevoir le podium.
Ayew, Alonso, Adriano : familles et surnoms qui brouillent les pistes
Petite subtilité qui piège souvent en quiz : certaines familles ont placé plusieurs joueurs dans la colonne A. Chez les Ayew, le père, Abedi Pelé, a remporté la Ligue des champions avec l'OM en 1993 et trois Ballons d'Or africains d'affilée, de 1991 à 1993. Ses fils André et Jordan ont tous les deux porté le maillot marseillais et celui du Ghana. Chez les Alonso, Xabi a marché sur les traces de son père Periko, double champion d'Espagne avec la Real Sociedad au début des années 80 avant de rejoindre le Barça.
Autre cas d'école : les joueurs brésiliens connus sous un seul nom. Adriano, « l'Empereur » de l'Inter, ou Alisson, gardien de Liverpool et de la Seleção, se rangent au A dans la mémoire collective, alors que l'état civil d'Alisson Becker le classerait au B. Mon conseil : annoncez la règle avant de jouer, sinon le débat risque de durer plus longtemps que le match.
Mon onze idéal en A, à vous de le contester
Je me suis prêté au jeu du onze type, en 4-3-3, uniquement avec des joueurs dont le nom de famille commence par A. Préparez vos arguments :
- Gardien : Kepa Arrizabalaga
- Défense : Trent Alexander-Arnold, Tony Adams, David Alaba, Jordi Alba
- Milieu : Xabi Alonso, Thiago Alcántara, Pablo Aimar
- Attaque : Pierre-Emerick Aubameyang, Sergio Agüero, Florian Albert
- Sur le banc : Nicolas Anelka, Éric Abidal, José Altafini, Julián Álvarez, avec Mikel Arteta en coach
Vous auriez titularisé Julián Álvarez à la place de Florian Albert ? C'est tout le sel de l'exercice, et je ne vous en voudrai pas. Une chose est sûre : la prochaine fois qu'on vous demandera un footballeur en A, vous aurez l'embarras du choix, et Agüero ne sera plus votre seule bouée de sauvetage.






