Élise Delannoy : âge, salaire, couple, carrière et palmarès

Monter et descendre le même terril 278 fois de suite, pendant 24 heures, sous les yeux de quelques proches et d'une poignée de curieux. Dit comme ça, on dirait un pari de fin de soirée. C'est pourtant ce qu'a fait Élise Delannoy le 20 septembre 2020 à Nœux-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, et elle en est repartie avec le tout premier record du monde féminin de dénivelé en 24 heures. Si tu t'es déjà dit que tu n'avais « pas le profil » pour un défi, son histoire risque de te faire changer d'avis.

Âge, salaire, couple, carrière et palmarès : j'ai épluché ses résultats officiels sur la plateforme UTMB, les interviews qu'elle a données et les comptes rendus de course pour te livrer un portrait fiable. Quand une info n'est pas publique, je te le dis plutôt que de broder.

 

 

Élise Delannoy en bref : la fiche d'identité

Avant d'entrer dans le détail, voici l'essentiel à retenir sur la traileuse nordiste :

  • Discipline : ultra-trail, avec un passé de raid multisport et de duathlon
  • Origine : le Nord, des études à Lille puis une quinzaine d'années à Arras
  • Lieu de vie : la Haute-Savoie, où elle s'est installée début 2021
  • Club : licenciée au Touquet Trail Nature
  • Exploit majeur : 16 572 m de dénivelé positif en 24 heures, premier record du monde féminin de la discipline
  • Indice UTMB : 649, avec 44 courses référencées depuis 2013

 

 

Quel âge a Élise Delannoy ?

Élise Delannoy n'a jamais affiché sa date de naissance sur la place publique, et je ne vais pas te sortir un chiffre au doigt mouillé. Ce qu'on sait de façon sûre, c'est qu'elle court dans la catégorie des 40-44 ans sur les classements officiels UTMB. Elle a donc la quarantaine entamée.

Et c'est là que ça devient intéressant. Sa meilleure performance sur un ultra de 100 miles, elle l'a signée en août 2025, sur la TDS, une course de 153 km et 9 000 m de dénivelé à Chamonix. Alors que beaucoup rangent les baskets à cet âge-là, elle grimpe sur le podium d'un des rendez-vous les plus durs du calendrier. En ultra, l'expérience vaut de l'or, et elle en a à revendre.

 

 

Des raids du Nord aux sentiers de Haute-Savoie : sa carrière

Son histoire ne commence pas en montagne, loin de là. Élise pratique le raid multisport dès 2004, puis participe à la création du club de triathlon d'Arras en 2006. Elle s'aligne sur des duathlons de niveau national, enchaîne les heures de vélo et de course dans la plaine, et forge ce qu'elle décrit elle-même comme un moteur « diesel » : pas le plus explosif, mais capable de tenir une allure pendant des heures sans broncher.

Le premier trail qui figure dans ses résultats officiels date de décembre 2013 : 82 km au Tour du Canton, terminés à la deuxième place féminine. Suivent les victoires régionales, le Radicatrail en 2014 et 2015, le 62 km du Trail Côte d'Opale en 2016, puis l'Ardennes Méga Trail en 2017. Une Nordiste qui gagne des ultras sans avoir de vraies montagnes sous la main, ça force le respect. Elle s'entraîne sur les terrils, ces collines de résidus miniers qui servent de dénivelé de fortune à toute une génération de coureurs du bassin minier.

Elle n'est pas la seule à mener ce genre de double vie entre boulot et sentiers. Si ces profils te parlent, le parcours de la traileuse pompière Lucie Jamsin vaut aussi le détour. En 2019, Élise passe un cap : septième femme de l'UTMB en 27 h 48 min, meilleure Française de l'édition. Début 2021, elle franchit le pas et quitte le Nord pour la Haute-Savoie, au pied des montagnes qu'elle visitait jusque-là le temps d'un week-end.

 

 

Le terril qui l'a fait entrer dans l'histoire

Revenons à ce fameux 20 septembre 2020. En pleine période de courses annulées à cause du Covid, Élise se lance un défi maison sur un terril de Nœux-les-Mines. Le principe est simple, l'exécution beaucoup moins : monter, descendre, recommencer, pendant 24 heures. Les chiffres donnent le tournis :

  • 16 572 m de dénivelé positif, presque deux fois l'Everest depuis le niveau de la mer
  • 278 montées et descentes d'environ 60 m de dénivelé chacune
  • 144 km parcourus au total
  • 3 semaines de préparation spécifique seulement, selon ce qu'elle a raconté au podcast Ultra Distance de näak
  • 4e performance mondiale connue à l'époque, tous sexes confondus, derrière trois hommes

Ce qui m'a le plus marqué en écoutant ses interviews, c'est son regard sur l'endurance féminine. Pour elle, les femmes ont des capacités exceptionnelles sur les très longues distances, et ce record en est une belle démonstration. Elle évoque aussi un estomac capable de tout encaisser, un atout que beaucoup d'ultra-traileurs lui envient, car c'est souvent la digestion qui fait craquer avant les jambes.

 

Traileuse en montée sur un sentier de montagne, l'effort au cœur de la carrière d'Élise Delannoy

 

Palmarès d'Élise Delannoy : ses meilleurs résultats

Voici les résultats les plus marquants de sa carrière, tirés des classements officiels de la plateforme UTMB (classement féminin) :

  • 2025 : 3e de la TDS à Chamonix (153 km, 9 000 m D+) en 25 h 18 min 45 s
  • 2025 : 6e de la MaXi-Race du lac d'Annecy (100 km) et 8e de l'Endurance Trail des Templiers (100 km)
  • 2023 : 5e du Marathon des Sables (235 km en six étapes dans le désert marocain)
  • 2022 : victoire sur l'ultra de 113 km du Trail des Coursières, 5e au scratch
  • 2020 : 2e du Tour de la Grande Casse (66 km) et record du monde féminin de dénivelé en 24 heures
  • 2019 : 7e de l'UTMB (171 km, 10 000 m D+), meilleure Française, et victoire au Marathon des Plages du Touquet
  • 2018 : 3e de l'Ultra-Race de la MaXi-Race d'Annecy (117 km)
  • 2017 : victoire à l'Ardennes Méga Trail (95 km), 10e au scratch
  • 2016 : victoire sur le 62 km du Trail Côte d'Opale
  • 2014 et 2015 : deux victoires au Radicatrail

Tout n'a pas été rose pour autant. Elle compte quelques abandons, dont l'UTMB 2023 et la TDS 2026 fin août. En ultra, c'est le lot de tout le monde : on ne termine pas une course de 150 km à chaque fois, et savoir s'arrêter fait partie du métier. Sur ces épreuves qui démarrent ou se terminent de nuit, le matériel compte autant que les jambes, et bien choisir sa lampe frontale pour courir peut littéralement changer une course.

 

Sac et bâtons de trail au pied d'un cairn face au Mont-Blanc, décor de l'UTMB

 

Salaire : combien gagne Élise Delannoy ?

Je vais être franc avec toi : aucun chiffre officiel n'existe sur les revenus d'Élise Delannoy, et méfie-toi des sites qui t'annoncent un montant au centime près. Ce qu'on peut faire, c'est regarder comment l'argent circule vraiment dans le trail.

Le trail reste un sport où l'on gagne peu. Les primes de course n'existent que sur une poignée d'épreuves internationales et ne concernent que les toutes premières places. Le sponsoring, lui, prend surtout la forme de matériel, de frais de déplacement et de quelques primes à la performance. Au moment de son record, Élise était ambassadrice élite chez Salomon, ce qui l'aidait à financer ses courses sans pour autant en vivre. Comme beaucoup de traileuses de son niveau, elle a toujours mené une activité professionnelle en parallèle, et c'est ce métier qui assure l'essentiel de ses revenus. Une vie à cent à l'heure, avec des entraînements calés avant ou après le travail.

 

Élise Delannoy est-elle en couple ?

Oui. Élise est mariée à Nico, qu'elle cite volontiers comme l'un de ses premiers soutiens. Selon le portrait publié par näak en 2022, le couple n'a pas d'enfants. Son mari l'accompagne dans cette vie rythmée par les entraînements et les courses lointaines, et elle confie que ses encouragements comptent beaucoup les jours où la motivation fait défaut.

Elle parle aussi avec pudeur de ce qui la pousse à courir. Elle a perdu un frère, décédé à 21 ans alors qu'elle n'en avait que 14, et elle décrit le trail comme une façon d'être en harmonie avec la nature et avec elle-même. Inutile d'en rajouter : on comprend mieux d'où vient cette force tranquille.

 

Ce que son parcours peut changer pour toi

Pas besoin de viser l'UTMB pour tirer quelque chose de l'histoire d'Élise. Voici ce que j'en retiens, et qui vaut pour n'importe quel sportif amateur :

  • Le terrain idéal n'existe pas : elle a préparé des ultras alpins sur des terrils du Nord, alors ton parc ou tes escaliers feront très bien l'affaire
  • La régularité bat le talent : plus de dix ans de courses référencées, des victoires régionales avant les podiums internationaux
  • Il n'y a pas d'âge pour progresser : son meilleur résultat sur 100 miles est arrivé à plus de 40 ans
  • La récupération compte autant que l'effort : mener boulot et ultra de front demande de soigner son sommeil, son alimentation et sa récupération

Ce dernier point est souvent celui qu'on néglige. Si tu veux progresser sans te cramer, commence par optimiser ton hygiène de vie avant d'ajouter des kilomètres. C'est exactement ce qui permet à des athlètes comme Élise de durer.

 

Élise Delannoy, la preuve que l'endurance se construit

Âge, salaire, couple, carrière, palmarès : le portrait d'Élise Delannoy dépasse largement la fiche technique. Une quadragénaire du Nord, partie des raids multisports et des terrils, devenue recordwoman du monde de dénivelé, meilleure Française de l'UTMB 2019 puis troisième de la TDS en 2025. Le tout sans vivre de son sport, avec un métier à côté et un mari qui la suit dans chaque aventure.

La prochaine fois que tu hésiteras à t'inscrire à ta première course, repense à ces 278 montées sur un tas de résidus miniers. Le plus dur, c'est souvent de faire la première.

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