Il y a des parcours qui te remettent les idées en place en trois lignes. Celui de Margot Boulet en fait partie. Gendarme à la Garde républicaine, admise aux tests du GIGN, puis clouée au sol par un accident de parachute à l'entraînement, elle a fini par décrocher deux médailles de bronze paralympiques en para-aviron. Pas en ramant seule dans son coin, mais au sein d'un quatre barré où chaque coup de pelle compte autant que celui des autres.
Tu cherches son âge, son salaire, sa vie de couple, sa carrière ou son palmarès ? J'ai épluché les sources officielles (Comité paralympique, Fédération française d'aviron, Gendarmerie nationale) pour te livrer une fiche fiable, sans broder. Et je te préviens : à la fin, tu risques de regarder ta prochaine séance de sport un peu différemment.
Margot Boulet en un coup d'œil
Avant d'entrer dans le détail, voici l'essentiel à retenir sur la rameuse paralympique française :
- Naissance : 13 mai 1990 à Provins, en Seine-et-Marne
- Âge : 36 ans
- Discipline : para-aviron, catégorie PR3, quatre barré mixte (PR3 Mix4+)
- Club de cœur : le Cercle Aviron Nogentais, à Nogent-sur-Seine, où ses parents sont bénévoles
- Statut : sportive de haut niveau de la Défense, sous contrat avec la Gendarmerie nationale
- Distinction : chevalier de l'ordre national du Mérite depuis septembre 2021
Quel âge a Margot Boulet ?
Née le 13 mai 1990, Margot Boulet a 36 ans. Un âge où beaucoup de sportifs de haut niveau raccrochent. En aviron, c'est une autre histoire : l'endurance, la technique et la lecture du bateau s'affinent avec les années, et les équipages paralympiques comptent souvent des athlètes trentenaires au sommet de leur forme. Chez elle, l'âge compte d'autant moins qu'elle n'a découvert la discipline qu'en 2019, à 29 ans. Autrement dit, sa carrière de rameuse est encore jeune, même si l'état civil dit le contraire.

De la Garde républicaine au GIGN : une carrière stoppée en plein vol
Avant l'aviron, il y a eu l'eau, déjà. Adolescente, Margot est nageuse de bon niveau, vice-championne de France en 2007. Puis elle choisit l'uniforme : en 2012, elle entre dans la Gendarmerie nationale comme sous-officier au régiment de cavalerie de la Garde républicaine. Son objectif ne fait aucun mystère, c'est le GIGN, l'unité d'élite de la gendarmerie. En 2016, elle réussit les tests d'entrée. Autant dire qu'elle avait mis la barre très haut, et qu'elle l'avait franchie.
En mars 2017, tout bascule lors d'un stage de parachutisme à Pau. Un atterrissage raté, et le bilan est lourd : vertèbres fracturées, cheville détruite, paralysie temporaire du dos et des jambes. Suivront sept opérations, trois vertèbres soudées et une prothèse de cheville. En 2018, elle quitte la gendarmerie. Le rêve du GIGN s'arrête là, net.
Ce qui frappe, quand on écoute ses interviews, c'est l'absence de misérabilisme. Elle ne raconte pas une chute, elle raconte un virage. Et c'est précisément ce virage qui va la mener sur l'eau.
Le para-aviron, une deuxième vie qui se rame à cinq
Le déclic vient presque par hasard. Son père dirige le club d'aviron de Nogent-sur-Seine, et un responsable de la Fédération française d'aviron, intrigué par son profil d'athlète, lui propose un essai à la base nautique de Vaires-sur-Marne. Elle dira plus tard avoir découvert là un sport où elle n'avait pas à se comparer à ses résultats d'avant l'accident. C'est souvent ça, le vrai soulagement.
En novembre 2019, elle intègre l'équipe de France de para-aviron. Pendant les confinements, elle peaufine sa technique sur ergomètre, à la maison. Si tu te demandes pourquoi ce sport lui a si bien réussi, jette un œil aux muscles sollicités par l'aviron : jambes, dos, gainage et bras travaillent en chaîne, ce qui permet de s'appuyer sur les zones préservées pour compenser les autres.
Le quatre barré PR3, c'est quatre rameurs et un barreur, avec des athlètes présentant des handicaps physiques ou visuels. Tout repose sur la synchronisation. Un rameur en retard d'une fraction de seconde, et le bateau perd sa glisse. Pour une ancienne candidate au GIGN, habituée au travail d'équipe sous pression, le cadre avait tout pour lui parler.
Palmarès de Margot Boulet : les médailles une par une
Son ascension a été fulgurante. Moins d'un an après ses débuts, elle monte déjà sur un podium européen. Voici le détail de son palmarès international en quatre barré mixte PR3 :
- Jeux paralympiques : bronze à Tokyo 2020 (disputés en 2021), puis bronze à Paris 2024 sur le bassin de Vaires-sur-Marne
- Championnats du monde : bronze en 2022 à Račice, en République tchèque
- Championnats d'Europe : bronze à Poznań (2020), argent à Varèse (2021), argent à Munich (2022), bronze à Bled (2023), argent à Szeged (2024)
- Aviron indoor : championne du monde sur 2 000 m en 2021 et recordwoman de France PR3 en 7 min 31 s 6
- National : championne de France en 2025 à Cazaubon
Ce record indoor n'a rien d'anecdotique. Sur ergomètre, pas de courant ni de vent pour aider : c'est toi contre le chrono, point. Si tu veux mesurer ce que représente un 2 000 m bouclé à ce rythme, lis ce qu'implique le travail musculaire sur ergomètre, tu comprendras vite pourquoi les rameurs finissent vidés.
Le bronze de Paris 2024 a une saveur particulière. Vaires-sur-Marne, c'est la Seine-et-Marne, son département, là où tout a recommencé pour elle. La même année, elle a aussi porté la flamme olympique, un clin d'œil à ses rêves de nageuse adolescente.

Salaire de Margot Boulet : combien gagne une médaillée paralympique ?
Soyons honnêtes : aucun chiffre officiel de rémunération n'a été rendu public, et je ne vais pas t'en inventer un. En revanche, on connaît très bien les briques qui composent ses revenus, et elles n'ont rien à voir avec les salaires du football.
- Son contrat de sportive de haut niveau de la Défense : en 2020, elle devient la première para-athlète à obtenir ce statut au sein de la gendarmerie. Elle est aujourd'hui agent sous contrat du ministère de l'Intérieur, avec un contrat de cinq ans qui lui permet de s'entraîner à plein temps.
- Les primes de l'État pour les médailles : depuis Tokyo, les médaillés paralympiques touchent les mêmes primes que les olympiques. Soit 15 000 euros pour un bronze à Tokyo et 20 000 euros pour un bronze à Paris 2024, par athlète.
- Les partenaires : elle a notamment été accompagnée par Saint-Gobain, qui la met en avant parmi ses sportifs soutenus.
- Les aides des collectivités : elle fait partie des athlètes soutenus par le département de Seine-et-Marne.
Mon estimation, en croisant la grille d'un contractuel de la fonction publique et ses primes : un revenu confortable mais loin des fortunes du sport business, avec des pics les années paralympiques. C'est le lot de la quasi-totalité des athlètes paralympiques français, et c'est ce qui rend leur engagement encore plus respectable.
Margot Boulet est-elle en couple ?
Sur ce terrain-là, Margot Boulet joue la carte de la discrétion totale. Aucune information sur un compagnon, un mariage ou des enfants n'a été rendue publique, que ce soit dans ses interviews ou sur ses réseaux sociaux, tournés vers l'entraînement et la compétition. Ce qu'on sait, c'est que la famille compte énormément dans son histoire : ses parents, engagés au club de Nogent-sur-Seine, ont joué un rôle direct dans sa découverte de l'aviron. Pour le reste, elle garde son jardin secret, et franchement, c'est son droit le plus strict.
Ce que son histoire peut changer dans ta propre routine
Je ne vais pas te faire le coup du discours de motivation tout fait. Mais il y a dans son parcours des leçons très concrètes, que tu peux appliquer dès ta prochaine séance :
- Changer de terrain n'est pas renoncer. Elle ne pouvait plus viser le GIGN, elle a trouvé un sport où son corps pouvait encore performer. Si une blessure te bloque sur un exercice, cherche le mouvement qui passe.
- Arrêter de se comparer à son ancien soi. C'est ce qui l'a libérée. Ton niveau d'il y a cinq ans n'est pas une référence, ta progression d'aujourd'hui, si.
- Miser sur le collectif. Un quatre barré ne gagne jamais grâce à un seul rameur. S'entraîner avec d'autres, c'est souvent la meilleure façon de tenir sur la durée.
- Se donner un cadre. Environ 16 heures d'entraînement par semaine hors compétition, planifiées au cordeau. La régularité bat toujours les coups d'éclat.
Elle n'est pas la seule à avoir transformé une épreuve en tremplin. Le parcours de Théo Curin, amputé à six ans puis devenu champion de natation paralympique, raconte la même obstination, dans une autre discipline.
Margot Boulet, bien plus qu'une fiche de palmarès
À 36 ans, Margot Boulet coche toutes les cases d'une grande sportive : deux médailles paralympiques, un titre mondial en indoor, une collection de podiums européens et un statut de pionnière au sein de la gendarmerie. Son salaire reste modeste au regard de ses résultats, sa vie privée reste à l'abri des regards, et sa carrière, elle, continue de s'écrire sur l'eau.
Si tu ne devais retenir qu'une chose de la biographie de Margot Boulet, ce serait celle-ci : un plan A qui s'écroule n'interdit pas de viser le podium avec le plan B. La prochaine fois que tu seras tenté de sauter une séance, pense à ce quatre barré qui, lui, ne lâche jamais le morceau.



